Patrimoine architectural

 

Saint Étienne de Montluc compte de nombreux témoins du passé à travers châteaux et manoirs, moulins, patrimoine institutionnel et patrimoine religieux, comme son église, ses chapelles, et ses croix.

Patrimoine religieux

L'église

L’édifice fut érigé entre 1841 et 1847, à l’emplacement de l’ancienne église. Il est de style néoclassique, s’inspirant des basiliques romaines, d’après les plans de l’architecte nantais Saint-Félix Seheult qui réalisa l’ancien Palais de Justice de Nantes.

Le matériau utilisé pour sa construction est la pierre de Sireuil, proche du tuffeau mais moins poreuse. Le clocher-tour abrite l’horloge qui date de 1886 ainsi que les 4 cloches de l’église, dont la plus ancienne remonte à 1827. A l’intérieur figurent entre autres la statue de Saint Étienne, le tabernacle du XVIIe siècle et des statues d’Amédée Ménard, sculpteur reconnu du diocèse de Nantes.

 

Le presbytère

Il a été construit en 1866, à l’emplacement d’une propriété nommée La Galerie. Auparavant, le presbytère occupa successivement les propriétés du Manoir, de 1629 à la Révolution, puis de la Peltancherie, de 1820 à 1865.

 

Les chapelles

Saint Étienne de Montluc compte plusieurs chapelles réparties sur la commune :

  • Bâtie en 1853 et dédiée à Notre-Dame de la Salette, la chapelle de l’Angle, à l’extrême ouest, est probablement la plus connue pour avoir été longtemps l’un des hauts lieux de procession stéphanoise. Une autre chapelle existait auparavant sur la propriété où des messes furent célébrées par des prêtres réfractaires durant la Révolution.
  • La chapelle de Saint-Thomas, au sud, fut érigée en bordure de la propriété du château de Saint-Thomas en 1840 à l’emplacement de deux chapelles successives. La plus ancienne existait déjà en 1627 puisqu’elle accueillit durant trois mois les gens du bourg en raison d’une épidémie de peste qui sévissait.
  • La propriété du château de la Biliais, au nord, possède une chapelle édifiée en 1771 qui renferme de nombreuses stèles à la mémoire des Le Lou de la Biliais, dont une plaque de marbre qui commémore le martyre de cette famille durant la Terreur.
  • Selon les premiers documents stéphanois, la chapelle de Saint-Savin, située au sud-est de la commune, en terrain privé, apparaîtrait comme un sanctuaire. On s’y rendit longtemps en procession le jour de la Saint-Marc, et l’on avait coutume d’amener les enfants lents à marcher devant les statues de Saint-Savin et Saint-Marc.
  • La chapelle de Saint-Antoine aux Mortiers, sur la route de la Marquellerais, au sud de la commune a été bâtie en 1879. Les modestes dimensions de cet oratoire ne l’empêchaient pas d’être l’objet d’autant de piété que les chapelles de Langle.
  • La chapelle de la Quiételais, au sud-est, sur terrain privé, fut bénite en 1786, et propriété au XVIIIe siècle du chanoine Urien qui y fit célébrer durant la Révolution Française, en 1791, comme dans la chapelle de l’Angle, des messes par des prêtres non assermentés.

Les croix

Sentinelles immuables du paysage stéphanois, près d’une cinquantaine de croix jalonnent les routes de la commune. En 1980, un recensement avait été effectué par le Syndicat d'Initiative, ayant fait l’objet d’un fascicule. Depuis, certaines ont été brisées, d'autres ont disparu, même s’il y a eu entretemps un programme de réfection des croix par les services municipaux.Les matériaux utilisés pour ériger ces croix sont divers :  granite, schiste, bois, et plus récemment fonte, bronze, fer forgé, ciment. Les intentions varient aussi :  commémoration, remerciement, souhait de guérison…

 

Parmi toutes ces croix, on peut citer :

  • La croix de la Sencive, sur la route de Saint-Savin, la plus ancienne, qui daterait de l’époque gallo-romaine.
  • La croix du Pré Petit, le long de l'ancienne voie romaine, et qui existait déjà sous Henri IV.
  • La croix Soulodre, à la Gicquelais, au socle constitué des meules de l’ancien moulin.
  • La croix de la Maladrie, à l’emplacement d’une ancienne léproserie.
  • Les croix de la Biliais, dans l’allée du domaine, en mémoire de la famille Le Lou de la Biliais guillotinée durant la Terreur, du Moulin Neuf, en souvenir des événements tragiques du 15 Août 1944 survenus dans ce hameau, ou des Combattants de la Guerre 14-18 au cimetière…
  • Le Grand Calvaire, en contrebas de la mairie, dont la croix de bois située à l’entrée du cimetière d’à-bas, sur la place du Pâtis fut réimplantée vers 1860 après le transfert du cimetière dans l’actuel. En 1884, un autre monument fut sculpté, à l’image du calvaire des Bretons de Lourdes, au Christ dominant les statues de la Vierge et de Saint-Jean.

Vestiges de l’ancienne église démolie entre 1841 et 1847 (rue de la Paix)

  • Linteau de porte en granit visible sur la façade d’une maison, qui représente un Saint-Pierre clavigère encadré par deux anges, portant les clés du Paradis d’une main et une épée de l’autre main (sculpture située auparavant sur le fronton d'une porte latérale de l'ancienne église donnant dans une petite chapelle isolée de l'église qui servait de gîte aux pèlerins venus d'Irlande ou de Bretagne en route vers Saint-Jacques de Compostelle).
  • Gargouilles sur le toit de cette maison et d’une autre, assez proche.

Patrimoine non religieux

Les châteaux et manoirs

Au XVIIIe siècle, Saint Étienne de Montluc ne comptait pas moins de 10 châteaux ainsi que des manoirs, construits à des époques bien différentes. Avec le déclin de la noblesse et le morcellement des terres, au fil du temps, certains ont été voués à la démolition, mais la plupart sont demeurés :

  • La Biliais
    Un certain BILLY aurait donné son nom à ce grand domaine situé au nord, dont on sait que le premier propriétaire connu, Pierre de Saffré, le vendit au début du XVe siècle. Lui succéderont les de Langle en 1510, puis Charles de La Bourdonnaye en 1691, enfin les Le Lou de la Biliais en 1708, qui conserveront le domaine durant deux siècle et demi. De nouveaux bâtiments sont construits en 1764 et 1770, le parc redessiné, avant qu’une partie de la famille ne soit guillotinée sous la Terreur, en 1793, pour avoir hébergé un prêtre réfractaire. Depuis 1946, la Biliais est la propriété de la famille Le Gouais.
  • La Grande Juliennais
    La propriété doit probablement son nom à un Julien qui y aurait habité. Son premier propriétaire, en 1450, était Jean de Kersy. À l'origine modeste terre noble au nord-est du bourg, le domaine, par le jeu d'alliances familiales et d'acquisitions judicieuses, s'étendit rapidement sous les d'Aiguillon aux XVIe et XVIIe siècle, pour devenir le marquisat de la Juliennais. Mais de lourdes dettes contraignirent à le céder en 1708 à Yves-Marie de LA Bourdonnaye, Conseiller du Parlement, qui s'adjoignit plus tard le titre de comte de Montluc, marquant ainsi toute sa prééminence sur la paroisse. À la Révolution, les biens furent confisqués et vendus. En 1860, l’actuel château fut bâti, avant d'être la propriété d'une famille hollandaise d'armateurs, les Van Neunen. Par la suite, 6 propriétaires se succédèrent avant M.Mme Le Masne De Chermont qui l’acquirent en 1969.
  • Saint-Thomas

    Situé en bordure des marais, le château de Saint Thomas est cité en 1231 comme appartenant à Guiton de Saint Thomas. Il devint ensuite la propriété des Lespervier, jusqu’en 1578, des Le Houx puis des de Chevigné, de 1721 à 1897, dont un des descendants, le comte Louis-Marie de Chevigné, fut maire de la commune au début du XIXe siècle. Le château fut rebâti en 1840, puis la propriété cédée en 1898 à Numa Croux qui y installa la laiterie de Saint-Thomas dont la renommée s'étendait jusqu'à la cour de Nicolas II en Russie. Une chapelle existait avant l’actuelle, et servit même d’église aux habitants du bourg durant l’épidémie de peste en 1627.

    Depuis 50 ans, ses deux derniers propriétaires ont restauré l'intérieur du château.

  • Le Perrorteau

    Tout proche du bourg, ce château, propriété de François Morin de la Masse, procureur fiscal, avocat et notaire, fut bâti vers 1770, à la façon des folies nantaises de l’époque, sur les plans de l’architecte Jean-Baptiste Ceineray, célèbre architecte à qui l’on doit entre autres la Préfecture de Nantes. Sa descendance le conserva un siècle avant que le domaine ne passe par alliance à Henri Dubois de la Patellière, qui fut maire de la commune durant 45 ans. Ses descendants y demeurent toujours.

  • La Vallais

    Ce château situé au nord-ouest du bourg fut construit au XVIIIe siècle. Il comporte un pavillon central sur quatre niveaux ainsi qu’un parc bordé d’une belle allée de platanes.

  • La Censive

    Proche du château de la Vallais, cette habitation du XVe siècle ou du début du XVIe siècle, très bien restaurée, présente toutes les caractéristiques d’un petit manoir de l’époque. Le logis et ses dépendances comportent des pigeonniers intégrés aux maçonneries.

  •  Le Manoir
    Bordant la place de la Mairie, le Manoir daterait du XVe siècle. Il servit de presbytère de 1629 jusqu’à la Révolution, puis devenu bien national, fut vendu à Pierre PERCHAIS, maire de 1793 à 1803. Durant la guerre 14-18, il servit d’hôpital pour les blessés et les réfugiés venant du nord de la France et de Belgique. Récemment rénové, il conserve tout son cachet avec sa tourelle qui renferme un escalier en vis distribuant les étages, et ses grands porches en ogive.
  • Bellevue
    C’est l’architecte Jean-Baptiste Ceineray qui fit construire en 1777 cette propriété qui doit son nom à sa belle exposition sur le coteau, au nord du bourg. L’aspect originel n’a pas changé si ce n’est la terrasse à colonnades, au sud, créée il y a un siècle. Vendue en 1855, la propriété connut alors 7 propriétaires successifs avant d’être rachetée 50 ans plus tard par Pierre Ceineray, son petit-neveu. Au début de la guerre, elle hébergea un état-major anglais, puis fut réquisitionnée par l’armée allemande, avant que des bataillons des Forces Françaises de l’Intérieur ne l’occupent à la fin de la guerre.
  • KerradoCe manoir proche du bourg, à l’est, porte le nom de celui qui le fit construire en 1896. Henri Rado de Saint Guédas, avocat au barreau de Nantes, fut maire de la commune de 1919 à 1941.
  • le Reilly

    Bâti en 1630, ce manoir Renaissance situé dans le marais, non loin de la Rivière, fut habité par Jean de Moayre, conseiller du Roi et auditeur en sa Chambre des Comptes. Elle était aussi pavillon de chasse des évêques de Buzay.


Les moulins

Même s’ils ont perdu leurs ailes, Saint Étienne de Montluc compte encore 10 anciens moulins à vent qui ont pour la plupart été réhabilités en habitation. On distingue les moulins petit-pied trapus, construits entre le XVIe et le XVIIIe siècle, des moulins tours, plus élancés, bâtis du XVIIIe au XXe siècle :

  • Les moulins petit-pied

La Gicquelais :  l’unique moulin qui subsiste dans le marais, le seul à porter un emblème religieux, une croix taillée en creux dans un tuffeau, et probablement le plus ancien de tous car datant du XVe siècle. Appelé autrefois moulin du Pesle, il fut longtemps exploité par des Bernard. Ses meules quittèrent le moulin en 1896 pour constituer la base de la croix Soulodre élevée non loin de là.

Chaugenêts :  un des plus anciens, très exposé au vent, il est cité dans un acte de 1544 où le seigneur Jehan de Langle envisageait de l'édifier. Les Lescot, l’une des trois grandes familles de minotiers, furent liés à son histoire au point que leur nom figure dans la pierre du jambage de la porte. Ses ailes tournaient toujours en 1930.

Les Avineaux :  Longtemps exploité par des Rousseau, puis des Viaud, il fut probablement bâti à la fin du XVIe siècle. Relativement proche du château de la Juliennais dont il dépendait, il était aussi appelé moulin de la Juliennais.

Saint-Savin :  appelé autrefois moulin de Mont-Luc, du marquisat du même nom, il revint par alliance à François d'Aiguillon, seigneur de la Juliennais. Après la Révolution Française, il fut acquis par Jean Redor, de Sautron, en 1856.

 

  • Les moulins tours

Bellevue : appelé autrefois moulin de Lespervier, du début du XVIIe siècle

L'Aubry : édifié par un Lescot vers 1845, sur les ruines de l’ancien moulin qui s’appelait alors moulin de Langle, de Coyau ou du Châtelet au XVIe siècle.

La Garenne :  bâti en 1872 par un Rousseau avec les pierres du vieux moulin qu'exploitait sa famille depuis déjà 200 ans.

La Gargouillère : appelé aussi moulin du Plessis de Langle ou moulin de Beauchais par les Rousseau qui le possédaient vers 1850. Il a succédé à un moulin qui existait déjà en 1580.

Bel-Air : bâti par Pierre Guchet en 1881.

Les Perrières : érigé en 1869 par Pierre Guchet, Il était appelé "Le moulin de Trompe-Souris" par les enfants qui jouaient à cache-cache dans ses étages.

Le sémaphore de l’Angle

Culminant à 7 mètres, ce belvédère situé à 1 kilomètre du village de l’Angle, accessible à pied et à vélo, offre un point de vue panoramique et insolite sur le marais où l’on distingue la Loire. L’œuvre, structure en bois et métal en forme d’éventail, conçue par l’artiste Vincent Mauger, fait référence à un système qui permettait autrefois de communiquer par des signaux d’une tour à une autre en agitant des drapeaux ou des structures mobiles.  Le sémaphore de l’Angle, inaugurée en mai 2019, est l’un des 5 qui jalonnent le futur itinéraire cyclable aménagé par le Conseil Départemental de Loire-Atlantique entre Nantes et Saint-Nazaire. Il a été installé par le Pôle métropolitain Nantes/Saint-Nazaire grâce à des financements du Plan Loire grandeur nature de l’Union européenne et du fonds Ville de demain du programme d'investissements d’avenir géré par la Banque des Territoires.

Le menhir de la Haute-Roche

Plus ancien vestige apparent d’origine humaine sur le territoire communal, cet imposant monolithe d’au moins 5 mètres de haut est situé à la Haute-Roche, à l’ouest du bourg, sur un terrain privé, dans la cour de la laiterie à laquelle il a donné son nom. En 2010, son assise a basculé, minée par l’humidité du terrain.

Patrimoine institutionnel

L’Hôtel de Ville

C’est le meilleur architecte nantais de l’époque, Joseph-Fleury Chenantais, qui fit construire, sous la municipalité Ceineray, l’Hôtel de Ville dont la façade est en pierre de Sireuil, proche du tuffeau. Mis en service en 1860, ce bâtiment remplaçait celui situé à l’entrée de la rue Pasteur, qui fonctionna entre 1840 et 1860 mais qui se révéla vite sous-dimensionné. La mairie comportait au rez-de-chaussée, dans l’aile gauche, une salle pour le juge de paix (l’actuelle salle de Justice de Paix), la prison et le logement du gardien (rasés en 1965 lorsque la route de Couëron fut percée), dans l’aile droite, la Salle du Conseil, et au centre le service de l’État Civil et le bureau du maire. À l’étage se trouvaient les logements du directeur et du maître de l’école  communale de garçons (autre bâtiment construit en 1862 à l’arrière de la mairie, en fonction jusqu’en 1976, avant de devenir la mairie annexe en 1984).

L’Hôtel de Ville a été rénové en 2012.

Les Services Techniques

Ce beau bâtiment restauré ainsi que le bâtiment associatif Le Moulinet à l'arrière, proviennent de la réhabilitation de l'ancienne maison pour personnes âgées (la maison hospitalière) qui fut en service de 1961 à 1992 avant la construction de la Résidence le Sillon.

 

Monument aux Morts

Il fut érigé en 1921 à la mémoire des 173 soldats stéphanois victimes de la Guerre 14-18 parmi les 800 hommes mobilisés sur les 4 200 habitants (1 habitant sur 5). A ceux-là il a fallu ajouter les 23 victimes de la Guerre 39-45.

Leurs noms sont gravés dans la pierre ainsi que sur des plaques de marbres dans l’église.